30.05.2007
Ground -6
Le bourdonnement devint un cri. Quelque chose devait advenir. Son corps était fixe et mou, son esprit figé, torturé, son âme enfermée. Que s’était-il passé ? Rien. L’apathie et l’angoisse avaient simplement pris le dessus lentement, insensiblement, diffusées de toutes part tel un gaz inodore. L’intérieur était assailli par l’extérieur.
Qu’allait-il advenir ? Le réveil de la force. L’emprise inversée.
Sortir de la torpeur d’un mort-vivant asphyxié par ce gaz cérébral venimeux, caustique, nocif. La respiration.
Le cri devint un chant.
« Tu es vivant, toi seul peut sortir de ta torpeur ».
21:05 Publié dans Pensées | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : torpeur, éveil, réveil
20.05.2007
4 (pour Saint-Rich)
En réponse à ceci , voici mes « quatre » - j'y apporte les mêmes réserves que l'auteur de la demande ...
Les 4 livres de mon enfance :
Le monde perdu de Conan Doyle
Nouvelles histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe
Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde
L’affaire Charles Dexter Ward d’Howard Phillips Lovecraft
Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore :
Dostoïevski
Lovecraft
Huxley
Musil
Les 4 auteurs que je ne relirai probablement plus jamais :
Stephen King
P.G. Wodehouse
Ellery Queen
Roddy Doyle
Les 4 premiers livres de ma liste à lire :
Le Maître du Haut Château de PhiliP K. Dick
Ferdydurke de Witold Gombrowicz
Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos
L’homme sans qualités de Robert Musil (à recommencer et finir cette fois…)
Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte :
L’homme sans qualités
La Bible
Lovecraft en édition « bouquins » (je sais, c’est de la triche)
Le Nécronomicon
Les derniers mots d’un de mes livres préférés :« Adieu, mon livre ! Chaque rêve est sujet à la mort aussi : le pauvre Eugène se relève mais son créateur est parti. Et pourtant l’oreille refuse de laisser se taire la muse ; le destin même vibre au loin ; et pour le bon lecteur le point final n’est qu’une virgule, en somme. L’ombre, la continuation de l’existence, à l’horizon de la page, s’ébauche comme les brumes d’un futur matin et la phrase n’a pas de fin. »
Le don - Vladimir Nabokov
Les quatre lecteurs qui ne se sont pas encore prononcés et dont j’aimerais connaître les quatre :
Djaipi, Halio, Marc, Tschok
18:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
12.05.2007
... de retour !
18:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : blog, fin de panne
04.05.2007
PANNE !
Chers amis,
Je vous écris du bureau pour vous informer que je subis une panne internet. Ne vous inquiétez donc pas de mon éventuel "silence" dans les prochains jours. Je reviens dès que possible !
Bien à vous tous,
Ada
11:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : blog, panne, internet
01.05.2007
Spider-Man
Une fois n’est pas coutume, je fis partie ce jour, entraînée par un ami, des fous furieux qui vont voir un film (celui-là surtout) le jour de sa sortie.
Dans de bonnes conditions néanmoins, puisque après un temps d’attente à peine plus long que la normale (mieux vaut arriver en avance...), et malgré une salle pleine, notamment de mouflets en quantité industrielle, nous avons été bien placés et la salle… silencieuse.
J’aime beaucoup Spider-Man.
Il n’est pas pour rien l’un des héros les plus populaires de Marvel : son moi civil (Peter Parker) est l’anti-héros par excellence.
On s’attache vite à ce petit jeune homme chétif, timoré, sensible, scientifique passionné, qui va tout à coup par le jeu du hasard, se voir doté des pouvoirs d’un homme-araignée.
Spider-Man introduit la notion inattendue de proximité avec le spectateur/lecteur tout en n’en étant pas moins un vrai héros.
Sa représentation se construit d’ailleurs à l’antithèse des « (faux) héros » dont je parlais dans « Beauté intérieure inaudible » : ce sont tout d’abord ses points faibles qui nous apparaissent, puis petit à petit, le personnage se révèle courageux et « digne » de son destin en utilisant noblement les pouvoirs qui lui sont offerts, ce tout en gardant sa fragilité initiale.
C’est également ce qui renforce la fascination pour le personnage : ses pouvoirs et finalement le fait même d’endosser son costume, son masque, le libèrent lui (de ses inhibitions) et ses qualités potentielles.
Je vais juste dire deux mots en passant du film.
Petite déception. J’ai trouvé ce troisième volet moins réussi que les précédents, en particulier le scénario.
C’est un peu « fouillis », sans doute du fait que Spider-Man ait fort à faire dans cet épisode : il doit à la fois affronter trois ennemis (Venom, l’Homme-Sable et Harry Osborn) et faire face à son « côté obscur ».
Ce dernier axe, qui était présenté comme le principal du film et à mon sens le plus intéressant, n’est malheureusement pas assez approfondi.
Sinon, le film est extrêmement spectaculaire (logique pour le film le plus cher de l’histoire du cinéma…), très divertissant, et surtout toujours fidèle à l’esprit de la BD.
Spider-Man reste selon moi de loin la meilleure adaptation cinéma de Comics Marvel.
En revanche, je suis un peu inquiète des « suites » peut-être à venir, puisque ce troisième volet, censé clore une trilogie, aurait finalement des successeurs…
23:25 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : spider-man, spider-man 3, héros, super-héros, marvel comics
30.04.2007
Epiée par la Dame en Noir
Il y a des cartons, sommes-nous en train de déménager, d'emménager ?
Le plafond est d’un beau coquille d’œuf uniforme, sur les côtés des moulures. Au milieu du plafond, il y a un trou, là où devrait se trouver une éventuelle lampe ou, plutôt sur ce beau plafond, un lustre.
Quelque chose bouge là-haut. Tout à coup je vois : un visage atroce de sorcière, comme « momifié » (*). Cette chose m’épie. Je me réfugie dans un coin de la pièce, puis dans un autre, mais la sorcière se meut à toute vitesse pour pouvoir me scruter à sa guise où que je sois. D’ailleurs je la vois de mieux en mieux malgré la taille du trou, je la vois bouger ( !), je vois son visage en grand. L’endroit où elle se trouve est parfaitement éclairé (alors qu’il s’agirait du grenier) comme par une lampe.
Je descends alerter mon père et lui raconte tout. Il va monter voir. Il n’a pas l’air inquiet. J’ai peur pour lui, et tout les lieux que je viens de quitter, si lumineux, me paraissent sombres à présent, je l’imagine monter les escaliers dans l’ombre, le danger pouvant rôder n’importe où. Je veux le mettre en garde, mais…
Réveil
(*) Ce visage correspond à une « personne » en fait, à une photo pour être précise. Ce serait trop long à expliquer ici, mais c’est ce personnage que j’appelle « la dame en noir ».11:35 Publié dans Rêves | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : rêve, rêves, cauchemar, interprétation, dame en noir, enfance
25.04.2007
Beauté intérieure inaudible
Réflexions nées suite au commentaire de Nebo sur « Le Diable s’habille en Prada »
Un mécanisme de plus en plus systématique de la comédie américaine (je dis « comédie » et « américaine » pour être particulièrement caractéristique, ce qui peut bien sûr être étendu) : le présupposé ou le sous-entendu lié à l’archétype/au stéréotype.
Les héros des comédies sont présupposés dotés de qualité jamais démontrées (et même contredites).
D’où viennent ces présupposés et ces sous-entendus : du mécanisme du « par défaut ».Le héro de comédie a pour caractéristique d’être inadapté au système : il est par exemple laid et/ou gros (donc inadapté au monde de l’apparence-reine), ou pauvre (donc inadapté au monde de l’argent-roi).
En revanche (ou plutôt par conséquence), ce héro se voit doté de qualités dont la plupart des autres protagonistes sont dépourvus : l’intelligence, la bonté, la générosité, etc…
Ainsi, la comédie nous offre des confrontations hautes en couleur : l’obsèse-surdoué contre le « beau » joueur de foot décérébré. L’intello-mal fagotée contre la bimbo sans cervelle. L’ado laide et mal dans sa peau versus la « jolie » petite peste. Le gentil pauvre au grand cœur contre le méchant riche, etc.
(Bien sûr, quand je dis « laid » ou « obèse », vous aurez bien compris que dans notre petite comédie, il s’agira de personnes respectivement un peu boulotte pour l’obèse et au physique quelconque accessoirisé (lunettes, coupe de cheveux peu seyante etc.) pour le laid. Quant au pauvre, il faut comprendre personne qui n’a pas les moyens de se payer une Porsche. Pas question de sombrer dans le glauque quand même…)
Outre cet aspect caricatural, ce qui est beaucoup plus fascinant, c’est que les qualités du héros ne sont jamais confirmées : elles semblent sous-entendues par le fait même de l’inadaptation du personnage au système de valeurs ambiant ; or son esprit critique par rapport à ce dernier est extrêmement limité voire inexistant : le héro souffre de son inadaptation et n’aspire qu’à rentrer dans le moule lorsque ses fameuses qualités présupposées devraient lui faire rejeter en bloc.
En réalité, sous couvert d’esprit critique, notre comédie est une confirmation et une adhésion : le héros n’est pas extérieur au système de valeurs mais le subit, il n’a pas la posture d’un observateur caustique mais d’une victime, ce qui signifie, de façon détournée, non seulement qu’on ne peut qu’être à l’intérieur de ce système, mais qu’on ne peut que tendre à s’y adapter … Notez bien la dérive idéologique.
(Pour revenir sur l’exemple du Diable s’habille en Prada, on retrouve à la fois ces mécanismes caricaturaux et « l’héroïne » avec son lot de qualités présupposées : « intelligente », « critique », elle effectue un travail débilitant dans un milieu irrespirable. Au commencement, elle est évidemment inadaptée. La suite logique aurait somme toute été qu’elle se fasse virer ou qu’elle prenne la porte. Or le tournant du film vient de ce qu’elle est avide de reconnaissance pour ce travail et dans ce milieu et va changer pour y arriver.)
Bien sûr, pour faire bonne mesure, on n’oublie pas ceux qui restent sur le bord de la route : les « gentils », et pour verser totalement dans le politiquement-correct, on délivre de beaux messages dénaturés : « la beauté est intérieure », « l’argent ne fait pas le bonheur », sans s’embarrasser de la question du reste du film, qui est la démonstration de l’exact contraire.
Ces films fonctionnent en fait comme des succédanés de caresses apaisantes sur la nuque des médiocres, en livrant leurs messages niaiseux sur une « beauté intérieure » inaudible et une critique inoffensive.
On a les héros qu’on mérite. De nouveaux héros en carton-pâte qui n’ont rien à dire.
19:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : comédie américaine, héros, esprit critique, beauté intérieure
22.04.2007
Merde...
Voilà, une page est tournée, ou plutôt non, une page n’est pas tournée, le marque-page reste inamovible dans ce vieux bouquin moisi qu’est notre chère Nâtion.
J’ai éteins la télé, et je retourne lire Philippe (qui serait bien désolé, une fois de plus, aujourd’hui), tout ceci ayant cessé de me concerner depuis exactement une heure.
Réveil.21:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : moutons, présidentielle 2007, 1er tour, merde
15.04.2007
Festivus Festivus - Philippe Muray (2)
"Une autre objection qui m’est souvent faite, émanant de « jeunes » cette fois, est que même si mes constats sont justes, ils sont insupportables pour des gens qui, à la différence de moi, sont destinés à vivre encore de très longues années en ce monde. Mais ce n’est pas de ma faute s’ils sont jeunes. Ils devraient en tout cas en profiter, eux aussi, pour comprendre ce monde plutôt que d’en trembler puis, fatalement, d’y entrer, même à reculons, et de toute façon opaques à eux-mêmes. A tous points de vue la situation est inédite, ce qui n’arrive quand même pas tous les jours."
"On ne peut pas transiger avec le monde contemporain qui vous assure tout en même temps : le progrès, la liberté, la transgression, la disparition des frontières, l'effacement des sexes, la liquidation de l'humain, le règne de la folie heureuse, etc. Il faut le rejeter en entier. Et d'abord rejeter ce qui semble ses bienfaits les moins contestables.
Ce n'est pas un droit, c'est un devoir."
Philippe Muray - Festivus Festivus - II "Ces bourreaux barbouilleurs de lois"
21:40 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : festivus festivus, philippe muray, elisabeth levy
Festivus Festivus - Philippe Muray (1)
Souvenirs, souvenirs … (entre deux tours des présidentielles 2002)
"L’anti-lepéniste est un théologien du lepénisme, et il combat celui-ci avec lyrisme, mais ainsi conserve t-il avec lui des modes de raisonner commun et s’expose t-il à des chocs en retour (celui du 21 avril par exemple). L’a-lepéniste, à l’opposé, considère le lepénisme comme vide de sens. Il n’entretient donc pas, même par l’exécration, cette ornière. L’anti-lepéniste, lui, dès le soir du premier tour, se précipite pour y déverser, dans cette ornière, toutes ses protestations. Et la suite s’enchaîne. Pendant quinze jours, du haut de leurs rollers anti-fascistes, les jeunes au bord des larmes de crocodile accusent « la connerie des adultes », lesquels ne sont pourtant plus que des jeunes un peu vieillis. La presse s’extasie de tous ces défilés et décrit, dans l’inimitable style de bergerie néo-stalinienne qui est le sien, ces merveilleuses coulées de foules, ces « débats ambulants nourris par des fanfares », ces « veillées citoyennes », ce « mouvement quasi-festif qui déroule son cortège dans les rues de Paris, entre les cris de « No Pasaran » et de «Nous sommes tous des enfants d’immigrés » (…)
Les jeunes, qui ont toujours dit oui à tout, toujours tout approuvé, apprennent à dire NON, en grosses lettres, en capitales, pour la première fois de leur vie et sans doute aussi pour la dernière. La rave party devient la résistance continuée par les moyens de la sono. Le battage de coulpe compulsif, mais toujours « festif, créatif et imaginatif », parcourt les rues de son frisson sacré. (…). Des landaus surgissent dans tous les cortèges (« La Poussette , nous voici ! »). Une génération se baptise passionnément et dévotement dans l’anti-lepénisme. Puis, la grande peur passée, tous ces Pokémons pieux se demandent (d’après Le Monde) comment « transformer l’émotion en action » ; faisant ainsi l’économie rentable du stade intermédiaire : celui où ils se seraient demandé où est le sens de tout cela. Mais, déjà, le durcissement en mythe de leur niaiserie bruyante est en cours. Et il ne faudra que quinze jours pour qu’ils se persuadent qu’ils ont vécu une épopée. Et qu’ils ont fait quelque chose, dans les rues, alors que personne ne leur demandait rien (à part les médias, c'est-à-dire personne au sens propre). Et qu’ils ressemblent, dès lors, à la souris de la vieille histoire drôle qui, courant à côté de l’éléphant, lui dit : « Qu’est-ce qu’on soulève comme poussière !... ».
Philippe Muray - Festivus Festivus - Conversations avec Elisabeth Levy (juin 2001 - décembre 2004) - III "Rien ne sera jamais comme après"
21:10 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : festivus festivus, philippe muray, elisabeth levy, élections présidentielles 2002, le pen


